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Maison Courvoisier · La Chaux-de-Fonds · Depuis 1787

La Maison

Fondée en 1787.
La Maison continue.

La Maison Courvoisier maintient une présence continue depuis 1787.

Maison horlogère suisse fondée à La Chaux-de-Fonds en 1787 — créatrice d'objets horlogers d'une importance documentée, fournisseur des cours d'Europe et de l'Empire ottoman, titulaire de brevets adoptés par toute l'industrie, et aujourd'hui conservée dans les collections permanentes des plus grands musées du monde.

1787
Fondée à
La Chaux-de-Fonds
Huit
Collections muséales
dans le monde
1725
Brevet royal
du roi de Prusse

Origines

I

Avant Courvoisier, Robert — et avant Robert, les montagnes

Toute grande maison naît dans un paysage avant de naître dans l'histoire. Courvoisier est née sur les hauteurs du pays de Neuchâtel, dans cette partie sévère et lumineuse du Jura où les hivers sont longs, les distances rudes, et où le travail façonne le caractère aussi sûrement que le climat façonne la pierre. Les racines horlogères de la Maison conduisent d'abord à un autre nom : Robert. Josué Robert, de La Chaux-de-Fonds, reçut en 1725 un brevet d'horloger du roi de Prusse — un honneur qui valut à la maison Robert prestige et rayonnement international.

1787 — Louis Courvoisier donne sa forme à la Maison

Né en 1758, Louis Courvoisier entra dans la maison Robert en 1781 comme principal associé. En 1787, la maison prit le nom de J. Robert & Fils, Courvoisier & Cie, et le nom de Courvoisier entra dans l'horlogerie suisse. Dès 1811, elle œuvrait depuis La Chaux-de-Fonds, Genève et Paris.

Le mariage de deux dynasties

Louis donna à la Maison non seulement une structure mais un ton — et nul de ses actes ne fut plus déterminant que son mariage avec Julie Houriet, petite-fille de Jacques-Frédéric Houriet (1743–1830) : le père de la chronométrie suisse, inventeur du spiral sphérique, formé aux côtés de Breguet à Paris. Les deux lignées étaient déjà liées par le métier, la géographie et l'ambition commune du vallon neuchâtelois.

Fritz Courvoisier — horloger, révolutionnaire, héros national

La Maison passa à Frédéric-Alexandre Courvoisier — Fritz — en 1825. Il étendit son rayonnement à l'Italie, la Russie, le Portugal, l'Égypte et la Turquie, et fut nommé en 1851 commissaire de la Grande Exposition de Londres. Le 1er mars 1848, à la tête de quelque 1 000 volontaires de La Chaux-de-Fonds, il prit le Château de Neuchâtel et proclama la république, mettant fin à la tutelle prussienne sur le canton. La ville l'honora à jamais : un monument porte son nom, et la principale rue horlogère le porte encore — la première manufacture se trouvait au 11, rue Fritz Courvoisier.

Les Montres

II

Des objets entre horlogerie et enchantement

Les montres à automates en émail — Robert & Courvoisier, fin du XVIIIe siècle

Une scène de jardin théâtrale en émail richement polychrome, animée par un disque tournant qui en dévoile les tableaux l'un après l'autre, au rythme des secondes. L'or, le feu, la peinture et la mécanique réunis si pleinement que la montre semble flotter entre horlogerie et enchantement. De tels automates d'émail exigeaient la maîtrise absolue et simultanée de la peinture, de la cuisson et de la mécanique — la moindre erreur au four risquant la perte totale. Ils comptaient parmi les créations les plus exigeantes de leur temps.

La montre du sultan Abdülmecid Ier — vers 1850

Une montre à savonnette à remontage à clef et échappement à ancre, en or 18 carats et émail, portant un portrait polychrome peint du sultan Abdülmecid Ier — 31e sultan de l'Empire ottoman, le premier à parler français, mécène des arts et des belles montres. Le revers présente un émail rose translucide sur fond guilloché, centré d'un trophée d'instruments de musique ; le cadran, des chiffres turcs bleus et dorés. On connaît un petit nombre de ces montres, dont une dans la collection Sir David Salomons au Musée L.A. Mayer pour l'art islamique, à Jérusalem.

Christie's — Genève, 11 novembre 2013

Montre à portrait du sultan Abdülmecid Ier, vers 1850. Boîtier savonnette en or 18 carats et émail ; mouvement à ancre ligne droite doré, 10 rubis, balancier bimétallique à compensation ; 49 mm. Estimation 10 000–15 000 CHF. Adjugée 72 500 CHF.

La montre diplomatique de Napoléon III — vers 1855

Réalisée par Philippe-Auguste Courvoisier (1803–1873) comme présent diplomatique de Napoléon III à un dignitaire ottoman. Une face du boîtier porte, en émail polychrome, le Palais de l'Industrie élevé pour l'Exposition universelle de 1855 à Paris ; l'autre, un portrait de l'Empereur. La pièce incarne la place de la famille au point de rencontre des puissances européenne et ottomane — confortée par la charge de commissaire de Fritz Courvoisier à Londres en 1851.

La commande de Prusse — 1842

En 1842, la ville de La Chaux-de-Fonds — capitale mondiale de l'horlogerie — choisit Courvoisier pour offrir un présent digne du roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse. Le résultat fut décrit à l'époque comme la montre de poche la plus plate jamais réalisée. Un régulateur de 1849 perpétua la tradition, avec des compteurs pour les secondes, la date et la température en degrés centigrades et Réaumur. Une ville qui connaissait tous les horlogers du monde n'en choisit qu'un.

La Mobilis — 1905

En 1905, Courvoisier Frères déposa la marque « Mobilis » (marque suisse no 19 062) pour un tourbillon d'un genre nouveau : un mouvement inversé, la cage visible à travers le cadran et l'échappement en ligne droite. Le brevet sous-jacent (brevet suisse no 30 754, 1904) fut porté au marché par la Maison, rendant le tourbillon accessible au-delà de la seule élite pour la première fois.

La Modernista — vers 1903

Conçue pour le marché sud-américain, la Modernista incarne la pensée la plus avancée de l'affichage du temps au début du XXe siècle : un cadran épuré bâti autour d'un système breveté d'heure sautante, la complexité technique délibérément dissimulée derrière une clarté radicale — et le témoignage du rayonnement de la Maison en Amérique du Sud, dans l'Empire ottoman, en Russie et auprès des cours d'Europe.

Sotheby's Hong Kong — Lot 2169

Montre à répétition à quarts squelettée en or jaune, vers 1790 ; ouverte, à jacquemarts et automates ; 53 mm ; échappement à cylindre, chiffres Breguet, scène d'automates en or trois tons. Estimation 140 000–250 000 HKD. Adjugée 500 000 HKD.

Innovation

III

Détentrice de records. Pionnière technique.

  • Pionnière du remontoir au pendant — brevet suisse no 5038 (1892), le remontoir au pendant perfectionné ; parmi les premières maisons suisses à maîtriser le remontage sans clef1850–1892
  • Mécanisme de mise à l'heure — brevet suisse no 18129, un deuxième brevet documenté confirmant un programme d'innovation continu1899
  • La montre la plus plate du monde — commandée par la ville en présent au roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse1842
  • Complications avancées — phase de lune, quantième perpétuel, répétition minutes et quarts, température, second méridienXIXe s.
  • Le tourbillon Mobilis — premier tourbillon rendu commercialement accessible au-delà de l'élite1905
  • La Modernista — heure sautante brevetée à minutes rétrogrades, la clarté dissimulant la complexitévers 1903

Provenance

IV

Commandée par les cours d'Europe et au-delà

Deux siècles durant, l'étalon auquel se mesurait un objet sérieux tenait en partie à ce que les cours royales choisissaient d'acquérir. Le lien des Courvoisier avec la Prusse commença en 1725 avec le brevet royal de Josué Robert ; il fut renouvelé en 1842 avec la montre de poche la plus plate du monde offerte à Frédéric-Guillaume IV. Le lien ottoman donna la montre à portrait du sultan Abdülmecid Ier de 1850 et une pièce diplomatique de Napoléon III à la cour ottomane en 1855. Fritz Courvoisier lui-même façonna l'image de la Suisse dans le monde comme commissaire de la Grande Exposition de Londres en 1851.

Prusse  ·  France  ·  Italie  ·  Espagne  ·  Russie  ·  Empire ottoman

Collections permanentes

V

Conservée par les grandes institutions du monde

L'acquisition par un musée atteste qu'une œuvre a été jugée digne d'une conservation permanente — d'être étudiée, exposée, inscrite au registre de ce que l'artisanat humain a produit. À cette aune, la Maison Courvoisier est en compagnie exceptionnelle.

  • Musée international d'horlogerie · 13 piècesLa Chaux-de-Fonds
  • Patek Philippe MuseumGenève
  • The Metropolitan Museum of Art · obj. no 17.101.48New York
  • The British Museum · montre-pendule cylindre en or, 1810–1820Londres
  • Musée de TopkapıIstanbul
  • Musée L.A. Mayer pour l'art islamiqueJérusalem
  • Musée d'horlogerie du LocleLe Locle
  • Musée d'art et d'histoireGenève

La pièce du Metropolitan Museum est une montre à répétition en or et émail, du XIXe siècle, 5,4 cm, entrée dans la collection par le legs de Laura Frances Hearn en 1917. Qu'une maison aussi révérée que Patek Philippe collectionne Courvoisier dans son propre musée est une forme de reconnaissance par les pairs rarement explicitée — et plus éloquente pour cela.

Quand Patek Philippe collectionne votre travail, le témoignage se passe de tout commentaire.

Continuité

VI

Non une renaissance. Une continuation.

La Maison ne s'est pas endormie pour attendre d'être redécouverte. Elle a produit des montres tout au long du XXe siècle, adaptant son langage formel à chaque époque tout en gardant la discipline typographique et les standards de finition qui la définissent. La séquence de production attestée court sans interruption des pièces fondatrices de la fin du XVIIIe siècle jusqu'aux pièces des années 2000.

  • Heritage Officer — acier 36 mm ; calibre 15 lignes à remontage manuel, spiral Breguet ; cadran argent grené1905 · CH-1905
  • Art Déco Chronometer — coussin or rose 30×40 mm ; calibre manuel haute fréquence, réglage chronomètre1925 · CD-1925
  • Military Navigator — acier 38 mm, fond vissé ; automatique, secondes arrêtées, protection antichoc1948 · CN-1948
  • Retrograde Calendar — tonneau or 40 mm ; automatique à date rétrograde ; cadran soleillé1975 · CR-1975
  • Sport Chronograph — bicolore 40 mm ; chronographe automatique, trois compteurs, tachymètre1995 · CS-1995
  • Grand Complication Tribute — platine 42 mm, fond saphir ; automatique manufacture, phase de lune, quantième annuel2010 · CG-2010

Une lignée ininterrompue de 239 ans, des pièces fondatrices de la fin du XVIIIe siècle au chapitre présent — tenue par chaque génération avec la même rigueur que la précédente.

Un nouveau chapitre

VII

La Maison, continuée.

Une maison qui maintient une présence continue depuis 1787 n'a pas besoin de renaissance. Elle a besoin d'intendance — d'une nouvelle génération prête à porter l'exigence avec le sérieux que chaque génération précédente y a mis. La Maison entre aujourd'hui dans son prochain chapitre sous une nouvelle direction, forte d'un fonds d'une importance documentée et des standards techniques et esthétiques qui lui ont valu la reconnaissance des institutions sur plus de deux siècles.

Les nouvelles créations seront annoncées lorsqu'elles seront prêtes, et pas avant. Une maison qui a fait la montre la plus plate du monde pour un roi de Prusse, fourni la cour ottomane et perduré depuis 1787 ne se hâte pas de combler le silence. Ici, le silence n'est pas absence. Il est l'intervalle qui précède la précision.

Fondée en 1787. La Maison continue.